Le temps passe, la pression monte, mais pourquoi la FIFA tarde-t-elle autant à trancher dans l’affaire opposant la RDC au Soudan, concernant le joueur Jusif Joose Ali ? Ce dernier, international soudanais, a pris part au match de la deuxième journée des éliminatoires de la Coupe du Monde, match perdu par la RDC sur le score de 1-0, le dimanche 19 novembre 2023 à 18h, au stade des Martyrs de Benina, à Benghazi (Libye).
Une affaire d’éligibilité
Selon les documents de la Fédération Internationale de Football Association (FIFA), la Fédération soudanaise avait sollicité un changement d’association pour le joueur Jusif Joose Ali, qui fut rapidement approuvé. Toutefois, un élément problématique subsistait : le joueur ne possédait pas de passeport soudanais et s’est présenté au match avec un passeport finlandais.
Selon les règlements de la FIFA, un joueur ne peut représenter une nouvelle association dans un match officiel que s’il détient la nationalité de cette association, ce qui rendait sa participation potentiellement irrégulière. La Fédération Congolaise de Football Association (FECOFA) a constaté cette irrégularité et a donc déposé une plainte auprès de la Commission Disciplinaire de la FIFA. Cependant, la procédure suivie a souffert de vices de forme.

Des erreurs procédurales fatales
Les règlements de la FIFA sont clairs :
Une réserve doit être déposée dans les deux heures suivant le match auprès du commissaire du match.
Un rapport complet doit ensuite être transmis au Comité Disciplinaire via le Portail Juridique de la FIFA dans les 24 heures suivantes.
Enfin, la réserve doit également être signalée à l’arbitre, par écrit ou verbalement, en présence du capitaine adverse.
La FIFA précise que si l’une de ces conditions n’est pas remplie, la réclamation est automatiquement irrecevable.
La FECOFA a bien déposé une réserve auprès du commissaire du match dans le délai requis. Le 20 novembre 2023, elle a également adressé un email au Comité Disciplinaire de la FIFA, accompagnée du paiement des frais de réclamation (1 000 CHF).
Cependant, le courriel n’était pas un moyen de soumission valide, comme le rappelle clairement la FIFA, qui a notifié à la FECOFA que seul le Portail Juridique pouvait être utilisé. Cette information leur a été transmise le même jour à 13h31.
Malgré cette mise en garde, la Fédération congolaise n’a pris aucune mesure immédiate. Ce n’est que le 7 décembre 2023, soit près de trois semaines plus tard, qu’elle a finalement soumis sa réclamation via le bon canal.
Le verdict : fondée mais irrecevable
Après analyse, le Comité Disciplinaire a reconnu que la plainte de la RDC était fondée sur le fond. Il a été confirmé que Jusif Joose Ali avait bien participé au match avec un passeport finlandais. Néanmoins, la procédure n’a pas été respectée dans les délais impartis, en particulier la soumission via le Portail Juridique dans les 24 heures suivant le match, comme l’exige l’article 8 du Règlement de la Compétition Préliminaire (FWCPC).
En conséquence, la plainte de la RDC a été jugée irrecevable, bien que légitime sur le fond. Le Comité a statué qu’elle ne pouvait pas être examinée plus en détail.
Une décision qui enterre les espoirs congolais
Ce rappel à l’ordre de la FIFA met fin aux espoirs des Congolais de récupérer les trois points perdus sur tapis vert face au Soudan. L’erreur de procédure de la FECOFA a coûté cher, et la FIFA, fidèle à ses règles strictes, n’a pas laissé de place à l’interprétation.
Merphy Ntongo
